LA LIBERTE PARFAITE VIENT DU DEDANS

Une Présentation à la Prison des Femmes,
Juillet 2000, Porto Rico

Par Swami Sarveshwarananda

Je suis très heureux d’être ici. Vous portez toutes une très jolie couleur, la couleur du ciel.

Lorsque je ferme les yeux pour méditer, je vois le ciel au-dedans. Au milieu de ce ciel bleu, il y a une étoile, et à l’intérieur de l’étoile il y a une île. C’est le résultat normal de la pratique de la méditation que de commencer à percevoir ce qu’on appelle le “troisième oeil”. Dieu vous a donné deux yeux pour voir la dualité du monde. Dualité signifie toutes paires d’opposés: homme et femme, nuit et jour, bien et mal, santé et maladie.

Ainsi, dans le monde, tout est fait de paires d’opposés. Dieu nous a également donné le troisième oeil. C’est pourquoi j’ai ce point rouge ici. On a ce troisième oeil pour voir l’unité de Dieu dans ces opposés. Si l’on n’utilise que les deux yeux pour voir les opposés, on a toujours des problèmes car on ne peut pas voir Dieu. Mais si l’on apprend à ouvrir le troisième oeil, on peut voir Dieu en toutes circonstances.

Le chant que je vous ai chanté au début est un chant sanscrit très ancien. Le sanscrit est la langue la plus ancienne du monde. Elle vient de l’Inde. Ce chant disait: “Ô Dieu, tu es ma Mère et aussi mon Père. Tu es mon compagnon. Tu es mon ami. Tu es ma connaissance. Tu es ma richesse. Tu es tout pour moi. Ô Dieu des dieux.”

Ainsi, c’est une bonne façon de commencer un entretien que de se souvenir que Dieu est tout pour nous. Dieu nous donne naissance. Il nous a donné ce monde. Il nous a également donné la liberté d’agir. Vous savez ce qu’est la liberté d’action, y compris la liberté de L’oublier, de L’ignorer. Dieu ne nous force pas à croire en Lui ni de revenir à Lui. Il est comme un ami patient, ou une mère très patiente qui attend que son enfant revienne un jour.

Y en a t-il parmi vous qui ont des enfants? [de nombreuses prisonnières lèvent la main] Oh, tout le monde. Vous savez donc ce que je veux dire. Je suis votre enfant... et j’ai plein de mères.

L’amnésie spirituelle - la maladie la plus mortelle. C’est parce que nous oublions Dieu que nous avons des ennuis. Lorsqu’on oublie Dieu, on enfreint la loi divine. Certaines de ces fautes nous créent de gros ennuis - on peut même se retrouver en prison pour quelques temps. On peut aussi faire d’autres erreurs sans se faire prendre et l’on reste alors à l’extérieur, mais le mal est en nous tout autant.

Les gens de l’extérieur vivent également en prison. Le saviez-vous? Ils vivent emprisonnés dans leur mental - leurs désirs, leur colère, leur frustration. Les gens regardent la télévision six, dix, douze heures par jour, mangent sans arrêt des choses immangeables; tout le temps en colère, en train de crier, de mentir, de tromper les autres. Nous sommes tous en prison. Littéralement nous sommes tous en prison mais la plupart des gens ne s’en rendent pas compte. Vous, vous le savez.

J’ai vu différentes prisons autour du monde. Ce que je remarque à chaque fois c’est que d’être en prison peut s’avérer être, d’une certaine façon, une bénédiction. Vous ne le remarquez peut-être pas au début. Mais cela peut s’avérer être une bénédiction parce que cela donne le temps de découvrir ce qui est vraiment essentiel dans nos vies. Ce qui est vraiment essentiel est notre relation avec Dieu. Il n’y a rien de plus important que ça.

Savez-vous ce qu’est un Ashram? Un “ashram” est une communauté spirituelle en Inde où les gens vivent ensemble pour trouver Dieu. Ils vivent avec leur maître spirituel, un swami. Ils passent leur temps à lire des livres sacrés ou des livres inspirés écrits par des saints, à pratiquer la méditation et à apprendre à chanter des chants sacrés en sanscrit.

Il y a maintenant de nombreuses prisons où des gens font la même chose, adoptant volontairement un mode de vie semblable. Ils apprennent à méditer et à chanter. Ces chants peuvent être en espagnol, en anglais, en sanscrit - cela n’a pas d’importance. Ils peuvent être en n’importe quelle langue. Je vais vous apprendre un ou deux chants en espagnol. Ils apprennent également, par la lecture de livres sacrés, comment tourner leur esprit vers Dieu. Ils font de grands progrès spirituels.

La raison pour laquelle je suis venu à vous aujourd’hui est pour vous dire: ne désespérez pas. Ne désespérez pas au vu de votre situation présente. Au contraire, utilisez cette période pour être spirituellement productives. Développez votre relation avec Dieu. Apprenez à trouver Dieu en vous-mêmes. N’attendez pas de mourir pour aller au paradis.

Dans l’Evangile de Thomas, le Seigneur Jésus dit: “Le royaume de Dieu n’est pas au-dessus des nuages, sinon tous les oiseaux recevraient l’illumination avant vous. Le royaume de Dieu n’est pas sous la mer, sinon tous les poissons auraient plus de chance que vous.” Jésus dit: “Le Royaume de Dieu est au-dedans de vous.”

Qui dirige votre vie? Pour découvrir cette présence cachée au-dedans, il faut pratiquer certaines techniques. Il y a la prière et il y a la méditation. On a besoin des deux. Savez-vous quelle est la différence entre prière et méditation?

[quelqu’un lève la main pour parler: “Quand on prie, c’est avec la bouche, mais la méditation c’est au-dedans.”]

Très beau. Un jour Yoganandaji expliqua la différence entre méditation et prière en disant: “Lorsque vous priez, vous parlez et Dieu écoute. Lorsque vous méditez, Dieu parle et vous écoutez.” Vous avez donc besoin des deux pour avoir un vrai dialogue avec Dieu.

Certains d’entre vous ont déjà pratiqué la méditation ou entendu le mot “méditation”. La méditation est essentiellement la capacité de contrôler le mental. C’est le mental qui nous crée des problèmes. Pour illustrer, supposez que vous avez une voiture de sport très puissante mais vous n’êtes pas assis dans le siège du conducteur. Vous êtes sur le siège arrière. Il n’y a personne dans le siège du conducteur et il y a une grosse pierre qui écrase l’accélérateur au plancher. Vous allez très très vite. Que va t-il vous arriver? Tôt ou tard vous allez avoir un accident car vous n’avez aucun contrôle de la voiture. Telle est l’histoire de notre vie.

Notre corps est comme une voiture très puissante. La route sur laquelle la voiture roule est notre vie, notre destinée. Et le mental est le conducteur assis à l’arrière qui ne regarde pas où il va. Mais on aime aller très vite en pensant: “c’est formidable !”

Jusqu’au moment où on a un accident, émotionnellement ou physiquement ou financièrement ou spirituellement. D’une façon ou d’une autre l’accident est inévitable. Tout le monde a eu cette expérience. Alors, qu’est-ce que la méditation? C’est de laisser le vrai conducteur conduire la voiture.

Le vrai conducteur n’est pas le mental. C’est l’âme. C’est Dieu. Dieu conduit ce corps. Mais nous devons Le laisser faire. Tant que nous refusons Son aide nous risquons l’accident.

Vous pouvez transformer votre vie en un instant. Dieu nous a donné la liberté de tout faire, même d’avoir un accident. Pourquoi nous a t-il donné cette liberté? Parce que c’est par nos erreurs qu’on apprend. Il n’y a pas d’autre façon d’apprendre. C’est en faisant des erreurs et ensuite en changeant notre vie, en nous réformant.

De nombreux grands saints de toutes religions démarrèrent très très mal dans la vie. Paul de Tarse par exemple était l’un des plus grands persécuteurs des Chrétiens, et il prit part à l’exécution du premier martyr, Saint Sébastien. Il avait du sang sur les mains. Certainement pas la meilleure façon de démarrer dans la vie. Malgré cela, il devint l’un des plus grands saints de la Chrétienté au cours de la même vie, et fut connu sous le nom de Saint-Paul. Comment cela s’est-il produit? Par la grâce de Dieu, mais aussi par sa volonté de changement et de tourner sa vie vers l’esprit.

Un jour il voyageait à cheval sur la route de Damas. Que se passa-t-il? Une grande lumière l’aveugla et tombant de cheval il heurta le sol. Le Seigneur Jésus lui apparut et lui dit: “Tu ne devrais pas me persécuter mais tu devrais me suivre. Tu devrais m’aider.” L’expérience fut si irrésistible qu’il changea immédiatement de vie. Il devint l’un des plus grands prophètes, l’un des plus grands évangélistes de tous les temps.

Marie-Madeleine est un autre exemple. Comment se lança-t-elle dans la vie? Comme une prostituée. Vous connaissez l’histoire. Tout le village voulait la tuer à coup de pierres. Et le Seigneur Jésus s’en mêla. Il dit: “Attendez un instant. Que celui qui n’a jamais commis de péché lui jette la première pierre.” Un à un, honteux, ils s’en allèrent. Nous avons tous fait des erreurs. A la fin, Jésus se retrouva seul avec Marie-Madeleine et il écrivit quelque chose dans le sable avec son doigt. La seule chose que Jésus écrivit dans sa vie, ce fut avec son doigt dans le sable. Puis il l’effaça. Il dit ensuite à Marie-Madeleine: “Va et ne pèche plus. Je ne t’ai jamais condamnée, je ne t’ai jamais jugée.”

Qu’est ce que cela signifie? Qu’aux yeux de Dieu nous sommes toujours innocents. En lisant la Bible on peut avoir parfois l’impression que Dieu est un juge terrifiant, méchant et cruel. Dès qu’on fait une petite erreur, boum, la foudre tombe du ciel. Non, c’est une interprétation erronée. Dieu est amour. Dieu est pardon. Dieu est compassion. Si l’on recherche Ses conseils, Son amour, on recevra tellement plus. Mais il faut le faire avec l’esprit pur.

Marchandant au lieu de prier, beaucoup de gens se demandent: “Je prie, je prie et je prie et je n’obtiens pas de réponse à mes prières. Pourquoi? Ils décident alors que Dieu n’existe pas parce que: “Il ne répond pas à mes prières.”

Dieu ne répond pas aux prières teintées de vice, de désir, d’égoïsme. Parfois mais rarement, c’est une exception. Il y a une raison divine pour cela: pour donner un peu d’encouragement. Mais la plupart du temps, Dieu ne répond pas à nos prières si nous n’avons pas d’abord purifié notre mental. On prie toujours Dieu en demandant: “Donne moi de l’argent, donne moi de l’argent, donne moi de l’argent. Donne moi un bon mari. Donne moi une belle voiture et des choses comme ça. Aide moi à passer mon examen.” A quoi bon? Vous voyez, Dieu nous donne ce dont nous avons besoin et non pas ce que nous voulons.

La vraie façon de prier Dieu, ou la façon efficace de prier Dieu est de dire: “Ô Dieu, je suis ton bébé. Tu es ma Mère. Tu es mon Père. Je suis innocent. J’ai fait des erreurs seulement par ignorance. Je T’en prie ne me laisse pas faire les mêmes erreurs de nouveau. Je T’en prie apprends moi à vivre correctement.”

Dans la plus grande prière qu’il nous a enseignée Jésus dit: “Que ta volonté soit faite et non la mienne.” C’est ainsi que la vie spirituelle commence. Au lieu de penser sans arrêt à nous mêmes, notre ego, nos désirs, nos besoins et de vouloir que Dieu réalise ces désirs, Jésus nous apprit à prier Dieu et à demander de devenir capables de reconnaître Sa volonté et de la suivre. C’est le secret de la liberté. Si vous apprenez à suivre la volonté de Dieu, alors vous serez libres tout le temps, même en prison. Vous serez même plus libres que les gens qui vivent à l’extérieur et courent après leurs désirs. Beaucoup de grands saints sont nés en prison. Krishna. Il est l’équivalent de Jésus dans la religion Hindoue. Il naquit en prison. Mais Il était libre. Tout le monde a le désir d’être libre, d’être heureux, d’être en paix au-dedans de soi. Tout le monde le veut. Mais nous regardons dans la mauvaise direction pour le trouver.

La plupart des gens cherchent le bonheur dans le sexe, l’argent, la drogue, le rock and roll, le travail, les voitures rapides au lieu de demander à Dieu: “Qu’est-ce que le bonheur? Qu’est-ce que la joie? S’il Te plait, apprends moi.”

La paix parfaite. Il était une fois un roi qui offrit une grosse récompense à l’artiste qui arriverait à capturer la paix parfaite dans un tableau. Beaucoup d’artistes essayèrent. Le roi observa et admira tous les tableaux, mais il n’y en avait que deux qu’il aimait vraiment et il fallait qu’il en choisisse un. Le premier représentait un lac très calme. Ce lac était un miroir parfait dans lequel se reflétaient les montagnes placides environnantes. Au-dessus des montagnes il y avait un ciel bleu avec de petits nuages blancs. Tous ceux qui regardaient ce tableau pensaient qu’il reflétait la paix parfaite. Il y avait également des montagnes sur le deuxième tableau mais elles étaient rocailleuses et dénudées. Au dessus d’elles il y avait un ciel furieux d’où déferlait un orage violent avec des éclairs et du tonnerre. Des eaux torrentielles écumaient sauvagement au pied des montagnes. Rien ne révélait la paix dans cette scène. Mais lorsque le roi observa plus attentivement, il vit derrière la cascade un buisson fragile qui poussait dans une faille du rocher. Dans ce buisson il y avait un nid. Là, au milieu des chutes d’eau grondant violemment, un petit oiseau se tenait calmement dans son nid. Quel tableau, à votre avis, remporta le prix? Le roi choisit le second. Savez-vous pourquoi? “Parce que” expliqua le roi, “la paix ne veut pas dire un endroit sans bruit, sans problème, sans travail acharné ou sans souffrance. La paix veut dire que, même si l’on est au milieu d’une situation très difficile, on peut rester calme dans son cœur. Telle est la vraie signification de la paix.”

C’est ce que le Kriya Yoga peut vous apporter. Il ne va pas vous ouvrir d’un seul coup la porte de la prison. Il va ouvrir la porte de votre cœur pour que Dieu puisse entrer dans votre vie. Comme ce petit oiseau, vous serez heureuses, contentes dans votre petit nid, quoi qu’il se passe autour de vous. Et lorsque vous sortirez, lorsque vous serez libérées de cette prison, vous serez une bien meilleure personne. Et vous serez capables d’aider les autres qui ont plein de problèmes avec leurs désirs, leurs peurs et leurs dépendances.

C’est votre devoir divin. Dieu vous a donné une mission. Ce n’est pas par accident que vous êtes venues ici aujourd’hui. Dieu vous a choisies pour que vous trouviez la paix en vous, pour que vous vous transformiez au-dedans, et qu’ensuite vous puissiez aider les autres: les autres en prison et ensuite les autres au dehors.

La paix est très contagieuse. La paix démarre par une personne. C’est contagieux. La violence est aussi contagieuse. Mais la paix est plus forte que la violence.

Un exemple: Mahatma Gandhi n’était pas un gros musclé. C’était un tout petit homme. Il ne possédait ni une grande propriété, ni voiture de course, ni arme, ni armée, ni rien d’autre. Il n’avait que sa foi en Dieu. Et il libéra un milliard d’hommes de 350 ans d’asservissement à l’Empire Colonial d’Angleterre sans violence, sans armes... avec de l’amour, seulement. Voyez-vous ainsi le pouvoir de l’amour? C’est tellement supérieur à tout le reste, mais cela demande du courage. C’est facile de se cacher derrière une arme, mais de venir au devant du monde uniquement avec son cœur, cela demande davantage de courage.

Savez-vous ce qui arriva un jour à Yogananda? Il se promenait tout seul à New-York, dans Central Park. Soudain un malfaiteur s’approcha avec un revolver et l’interpella: “Donne moi ton argent ou je te descends!” Très calme, Yogananda sortit son portefeuille et dit: “Tiens, prends-le. Veux-tu aussi mon manteau? Il fait un peu frais aujourd’hui, prends aussi mon manteau.” Il lui donna avec tant de calme, tant d’amour que le malfaiteur en fut confus. Il rentra donc dans sa poche son revolver inutile et dit: “Tu n’as pas peur de moi?” Yogananda répondit simplement: “Non, pourquoi? Tu es le fils de Dieu. Nous sommes semblables. Nous avons le même Père. Pourquoi aurais-je peur de mon frère?” Le malfaiteur était si touché qu’il se mit à pleurer et rendit à Yogananda son portefeuille en disant: “S’il te plait, peux-tu m’apprendre à être comme toi? Tu as quelque chose que je n’ai pas. Je le veux. Ce n’est pas ton argent que je veux. C’est ta paix. Peux-tu m’apprendre?” Yogananda répondit: “oui” et il lui enseigna le Kriya Yoga.

C’est vraiment ce que l’on recherche. Cette paix, il n’y a rien d’autre. On peut penser qu’on désire autre chose, mais nous sommes malavisés par notre mental, par notre ego.

La paix est facile à apprendre. Alors comment marche le Kriya Yoga? Il repose sur trois choses très faciles à apprendre: la posture, le contrôle du souffle et la concentration. Le plus important des trois est le contrôle du souffle.

La première chose est d’apprendre sur notre divinité intérieure, comment nous sommes faits au-dedans. Au-dedans nous ne sommes pas faits de sang et de graisse, de chair et d’os et d’autres choses dégoûtantes. Nous sommes faits de lumière. Nous avons recouvert cette lumière d’un corps physique, mais au-dedans, notre corps réel est fait de lumière. C’est comme un câble électrique. A l’intérieur il y a de l’électricité. Mais si on entre en contact direct avec elle, on prend une décharge. On la couvre donc d’un isolant. Je peux toucher et voir cet isolant. De même le corps physique est un isolant qui recouvre le divin pouvoir de Dieu.

Le problème est que nous nous sommes mis à nous identifier avec notre corps. Nous pensons que nous sommes le corps physique. Tous les matins on regarde dans la glace. Oh! encore une mauvaise nouvelle. Une autre marque, une autre ride, un autre cheveu gris, mes dents tombent, mon menton s’affaisse; à cause de notre identification avec le corps, nous sommes tout le temps malheureux car le corps prend constamment de l’âge, se délabre, meurt, lentement, lentement. Ce qu’il faut apprendre c’est de s’identifier avec l’âme, avec cette lumière brillante au-dedans de nous. C’est la source de notre existence et elle est immortelle. Si vous trouvez votre âme, vous devenez immortels. Cela ne veut pas dire que votre corps devient immortel. Cela veut dire que vous êtes maintenant réalisés dans votre Soi immortel.

Savez vous ce qu’est la Baghavad Gita? C’est en Inde comme la Bible des Hindous. La Baghavad Gita explique que l’âme choisit de revêtir un certain corps, de vivre un certain type d’expérience. A la fin de ses expériences, l’âme quitte ce corps. C’est alors que le corps meurt et que l’âme retourne au Père, au paradis. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. L’âme reviendra encore et prendra un autre corps pour vivre d’autres types d’expériences.

Vous avez eu auparavant beaucoup, beaucoup de vies différentes, mais vous ne vous en souvenez pas. Vous avez été certaines fois un homme, d’autres fois une femme. Vous avez parfois été très riches et parfois très pauvres. Vous avez été douces et d’autres fois cruelles. Rien de cela ne touche l’âme. Ce ne sont que le corps et le mental qui vivent ces expériences variées. C’est exactement comme quelqu’un qui a un rêve. Parfois vous rêvez que vous êtes très cruelle avec quelqu’un. Puis au matin vous vous réveillez et vous dites: “Oh! ce n’était qu’un rêve. Je ne l’ai pas fait.”

C’est pareil si on se place au niveau de l’âme. C’est de l’âme que nous rêvons ces expériences. Lorsque l’on médite et que l’on trouve l’âme, c’est comme si on se réveillait d’un cauchemar. Et tout en continuant cette vie sur terre, on peut maintenant rester détachés du dedans; nous sommes devenus conscients que nous rêvons cette vie. C’est Dieu qui dirige ce rêve et nous sommes un avec Dieu. Telle est la vie d’un yogi.

Comme je l’ai déjà expliqué, Kriya est composé de deux mots: kri et ya. Kri veut dire action, toute activité dans laquelle vous êtes engagées. Et ya veut dire Dieu. Celui qui pratique Kriya est celui qui ressent continuellement que Dieu fait Son travail à travers lui ou elle. Il n’y a alors aucune erreur possible, pas d’insatisfaction, pas de stress.

Il y a sept centres de conscience en nous. On les appelle chakras. Ils correspondent à différents niveaux d’activités que Dieu nous stimule à accomplir.

A la base de l’épine dorsale, le coccyx, se trouve le premier chakra qui est le centre de la richesse, pour gagner de l’argent et s’occuper de nos besoins de survie et d’abri. Le second chakra est celui de la procréation, de la création d’une famille. Le troisième chakra est celui de l’assimilation de la nourriture et la distribution de l’énergie dans tout le corps. Le quatrième chakra est le centre des émotions. Vous connaissez toutes très bien ce chakra. Il est très dangereux. Le cinquième chakra est le centre de la communication aussi bien que celui de la religion. Le sixième chakra est dans la glande pituitaire qui se trouve à 7cm à l’intérieur du cerveau. On l’appelle le centre de “Conscience Christique”, le centre de l’âme, d’où l’on commence à recevoir les instructions de l’âme. Au sommet de la tête, la fontanelle, se trouve le centre de Dieu ou l’on se fond directement en Dieu.

Comme vous avez toutes des enfants, vous vous souvenez toutes qu’à la naissance il y avait une zone molle au sommet de la tête de votre enfant. Le docteur disait: “n’appuyez pas ici parce que les os ne sont pas encore soudés.” C’est la raison pour laquelle les bébés sont en contact très étroit avec Dieu: ce chakra est entièrement ouvert. Vous avez remarqué que les bébés ne vous regardent pas directement lorsqu’ils vous fixent. Au début ils ne vous regardent pas dans les yeux. Où regardent-ils? Ils regardent autour de vous. Savez-vous pourquoi? Parce qu’ils voient un monde d’énergie et d’auras divines, de couleurs, de formes, d’anges... Ils voient et participent entièrement à ce monde merveilleux. Ils voient et s’identifient partout avec Dieu.

Est-ce que vous vous souvenez lorsque vous étiez comme ça? La première fois que vous avez découvert vos orteils, quelle découverte incroyable c’était! Quelle joie d’attraper vos orteils et de voir le visage de votre père ou de votre mère. Il était si brillant, tant de lumière. Puis peu à peu la fontanelle se ferme. A deux ans elle est virtuellement fermée. Et, graduellement, le bébé commence à perdre cette connexion avec Dieu et s’identifie de plus en plus avec le monde physique, avec le corps.

Certaines personnes restent conscientes de Dieu, de très rares personnes, mais la plupart l’oublient. Et c’est le début de tous nos problèmes, lorsque la porte se ferme. Mais il y a aussi un bon côté. Le bon côté c’est que cette porte n’est pas complètement fermée. Elle reste entrouverte. Les docteurs eux-mêmes ont récemment découvert qu’il y a toujours là un trou microscopique.

Le Kriya Yoga est exactement ça: comment amener votre conscience dans ce petit trou et vous reconnecter avec votre esprit divin. Vous réaliserez alors de nouveau votre divinité, votre joie et votre paix intérieure. Savez-vous quand ce trou se ferme? Il se ferme à un moment donné. Il se ferme complètement une demi-heure après la mort. Pourquoi? Parce que l’esprit est parti. L’âme est partie. Elle ferme alors la porte et jette la clé. Puis elle s’en va et emménage dans une autre maison et prend un autre corps.

Souvenez-vous, ceci n’est que votre maison. Ce n’est pas vous. Ce corps auquel vous êtes tant attachées est une maison. Vous n’êtes pas cette maison. Vous êtes l’âme immortelle, invisible qui y vit.

Alors comment le Kriya vous fait-il réaliser cela? Par le souffle. Comment est-ce possible? Comment cela pourrait-il être si simple? Les yogis ont découvert il y a des milliers d’années que chaque activité dans laquelle nous nous engageons au cours de cette vie est dirigée par un type de souffle différent. Ils les classèrent et en conclurent que tout le monde utilise 50 sortes de souffles différents pendant sa vie. Pas 49, pas 51, 50. Le problème est que parmi ces 50, 49 servent à jouir du monde matériel et à fonctionner dans le monde matériel. Un seul sert à trouver Dieu.

Je ne vais donc pas vous apprendre à utiliser les 49 premiers. Vous les connaissez déjà. Vous connaissez déjà le souffle du sommeil. Vous connaissez déjà le souffle de la colère. Vous connaissez déjà le souffle de la peur. Vous connaissez déjà le souffle de la passion sexuelle. C’est comme ça, tous ces souffles sont différents. Celui que vous ne connaissez pas encore est le souffle de la réalisation de Dieu, et c’est celui que le Kriya Yoga enseigne.

Merci. Puissiez-vous toutes jouir des meilleures bénédictions de Dieu et de tous Ses saints. Om. Amen.

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