JASPER LE JAGUAR

Par Yogacharya Elizabeth Tackenberg

Il était une fois un petit jaguar du nom de Jasper. Il avait des taches sur tout le corps et un gros nez. Grâce aux taches il pouvait aisément se cacher dans la forêt près de son logis. Jasper vivait avec sa mère et ses frères et sœurs. Il adorait jouer toute la journée avec ses frères et sœurs et ils ne se fatiguaient jamais de se tirer la queue ou les oreilles.

Un jour où il jouait ainsi avec ses frères et sœurs, Jasper vit soudain un ours énorme se balançant au dessus d’eux. Ils levèrent tous la tête lorsque l’ours se mit à grogner, debout sur ses pattes antérieures. Ils n’avaient aucune idée de ce qui allait se produire, mais Jasper comprit aussitôt qu’il était en grand danger. Ils écarquillèrent les yeux lorsqu’ils virent le gros ours brun se pencher en avant et attraper l’un des frères de Jasper. Le cœur de Jasper s’emplit d’angoisse pour son frère. Il laissa échapper un rugissement de bébé dont seul un bébé jaguar est capable et se mit à danser autour des pieds du gros ours.

Le gros ours émit alors un énorme grognement et Jasper s’enfuit. Il se mit à courir et courir et courir. Beaucoup plus tard il s’arrêta finalement et s’assit. Comme il reprenait son souffle, il se rendit compte qu’il était complètement perdu et très loin de sa maison douillette avec sa mère, ses frères et ses sœurs. La nuit tombait et le soleil s’évanouissait au loin, hors de vue. Il était perdu dans la forêt.

Jasper était très fatigué et il se trouva donc un bon gros arbre pour la nuit et s’y installa pour un long sommeil. Il se sentait très seul et s’ennuyait de sa famille. C’était la première fois qu’il se retrouvait seul et il commença à remarquer sa respiration. Il remarqua qu’en pensant à sa respiration il pouvait l’accélérer ou la ralentir. Lorsqu’il la ralentissait, il commençait à se sentir plus calme et moins seul. Il aimait cette impression. Il ralentit donc sa respiration encore plus et la rendit plus faible. Il ressentit alors encore plus de paix. Il réalisa qu’en respirant de cette manière calme, il ne s’ennuyait pas autant de sa famille. Il n’avait pas aussi peur. Il continua donc à respirer lentement et faiblement et tout en observant son souffle, il s’endormit profondément, en paix.

Le lendemain, Jasper se réveilla et trouva facilement son chemin pour rentrer à la maison. Depuis lors, chaque fois qu’il avait peur ou qu’il se sentait seul, il pratiquait ce qu’il avait découvert dans la sombre forêt en observant sa respiration. Jasper se souvint d’observer attentivement son souffle, de le ralentir calmement, et il fut toujours en paix et heureux.

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